Pesticides et solidarité

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On s’émerveille de constater à quel point un seul fait d’actualité peut être représentatif de notre société. Aujourd’hui, des agriculteurs – plus spécialement des viticulteurs – s’insurgent contre le trop grand nombre de normes qui leur seraient imposées. La goutte qui a fait déborder ce verre est un projet de loi interdisant l’utilisation de pesticides à moins de deux cents mètres d’une école, d’un établissement de soin ou d’une maison de retraite. Le fait déclencheur : Il y a quelques jours, les enfants et les professeurs présents dans une école située au milieu des vignes, ont été pris de malaises divers après l’épandage de pesticides dans une parcelle voisine.

Argumentation du syndicat agricole majoritaire : Sans pesticides, point de vignes : il faudra les arracher. Point de vin français, déjà fortement concurrencé par les produits de pays moins regardants (?) sur les précautions à prendre. C’est pourtant dans ce pays « regardant » que sont déversés, chaque année, 950.000 tonnes de pesticides, dont un tiers sur le vignoble. dans ce même pays que la quasi totalité des rivières et plus de la moitié des nappes souterraines sont contaminées, que les premières victimes de pathologies dues aux pesticides, telles que cancers, troubles neurologiques et de la reproduction, sont les utilisateurs de ces produits : les agriculteurs.

Dans un monde à l’endroit, qui donnerait priorité à la vie, avant qu’une réaction infantile soit de « tout arracher », on déciderait de traiter autrement le sol et les plantes, on proposerait une harmonisation de ces bonnes pratiques pour l’ensemble des pays européens et on calculerait le bénéfice tiré de ce changement au niveau national : meilleure santé de tous, place enviable prise sur le créneau grandissant des produits de qualité, héritage enfin positif pour ceux qui nous suivent.

Les consommateurs que nous sommes sont responsables de ce que sont nos paysans d’aujourd’hui. Car nous sommes peu regardants pour ce qui est de ce que nous avalons, ce qui constitue ou reconstitue notre corps. Tout ce que nous pouvons grappiller sur ce poste, nous le donnons à notre cher portable ou à une autre chère machine. Généraliser le système solidaire des AMAP, qui assure un juste revenu aux paysans, en échange d’une nourriture conforme aux légitimes attentes des consommateurs, permettrait d’humaniser ce secteur fondamental d’une économie à remettre à l’endroit. Ce changement ne dépend que de nous, de nos choix très quotidiens. On change ?

A lire : « Pesticides, révélations sur un scandale français » de Fabrice Nicolino et François Veillerette. Fayard éditeur. 

bioconsomacteurs.org/

lemarchecitoyen.net/

www.reseau-amap.org/

 

 

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A propos prendreconscience

Objet de l'association : Faciliter, aux hommes et femmes qui le souhaitent, l'approche de conceptions et leçons de vie essentiellement issues des grandes traditions spirituelles, ceci afin de leur permettre un choix véritable dans leur recherche d'harmonie, qu'il s'agisse de leur existence propre ou de leur relation au monde.
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