Le CETA* et les bêtas

« Rassurez-vous : ce n’est pas encore fait. » C’est  la phrase anesthésiante des politiques. Valable pour toutes les occasions où les citoyens ont des raisons de s’inquiéter.

Le CETA s’est concocté à huis clos. Ce qui nous parvient de ces discussions si peu démocratiques est plus qu’inquiétant . Alors que la planète se détruit sous nos yeux, que  notre pays a pris la tête des « accords de Paris » afin que le climat déréglé n’amplifie pas la catastrophe, le CETA prévoit l’importation de 50000T de viande bovine, 75000 de viande porcine.

Il nous semblait pourtant avoir compris que, pour la santé de la planète, celle des êtres humains et aussi pour commencer à réduire notre barbarie à l’égard des autres espèces, il était urgent de diminuer cette consommation. Les Shadoks en ont décidé autrement : cette masse sanguinolente va devoir être ingurgitée. Les conditions d’élevage, d’abattage sont-elles plus acceptables au Canada ? Même pas ! Cerise sur le steack, il convient d’ajouter à la facture le coût carbone du transport sur une aussi longue distance. Mais que cette incohérence – qui est le produit de notre soumission à l’argent – ne nous empêche pas de faire la leçon au reste du monde !

Plus grave encore : si un état, qui n’en est pas à une contradiction près, venait  à se gendarmer face au non respect des quelques règles de protection européennes, l’entreprise mise en cause pourrait porter plainte contre cet état. Nous sommes conscients du fait que nos zélus sont depuis trop longtemps des marionnettes aux mains des lobbies, c’est-à-dire des multinationales. Mais que cette perversion devienne la loi, que le cynisme l’emporte sur la dignité, nous devons le refuser de toutes nos forces.

Mais qui va refuser ? A peine le glyphosate, perturbateur endocrinien cancérigène, est-il menacé d’interdiction que les membres de la FNSEA** – essentiellement les céréaliers – hurlent qu’il leur est impossible de s’en passer et peu importe  la santé des consommateurs  ! Jusqu’aux femmes de service des cantines bordelaises – bien plus légitimes assurément – qui refusent le remplacement de la vaisselle en plastique et se font sourdes à l’argument de la santé des enfants.

A l’injonction : « La bourse ou la vie ? » Nous répondons en masse : « La bourse ! ».

  • CETA : Accords de libre échange avec le Canada.
  • **FNSEA : Il s’agit du plus gros syndicat agricole français. Tenant du productivisme et supporter de l’agro-chimie.

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Objet de l'association : Faciliter, aux hommes et femmes qui le souhaitent, l'approche de conceptions et leçons de vie essentiellement issues des grandes traditions spirituelles, ceci afin de leur permettre un choix véritable dans leur recherche d'harmonie, qu'il s'agisse de leur existence propre ou de leur relation au monde.
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