C’est pratique l’informatique !

Voici que mon imprimante refuse d’imprimer ! On peut la guérir ? Non ! Le Dieu de la Consommation ordonne sa mort ! Je me résous à cette perte et me console avec l’arrivée d’un jeune sujet. Horreur ! Malheur ! La jeune imprimante refuse de s’allier au vieil ordinateur. Et avec elle toutes les autres jeunes imprimantes.

Face à ce verdict, une seule solution : Il faut remplacer le vieil ordinateur. Ce qui est fait. Je chasse vite des visions de déchetterie, invoque Saint Recyclage et me réjouis de tant de jeunesse qui va me permettre de reprendre mon travail là où il était.

Le technicien m’annonce que le transfert est terminé. Et, tout à coup, je suis agressée. Alors que je m’apprête à accéder tranquillement à mes dossiers, on me réclame un mot de passe. La nostalgie m’envahit. Me demandait-elle un mot de passe, ma chère machine à écrire, alors que je m’approchais d’elle avec mon papier strong, ma feuille de carbone et mon papier pelure ? Non. Gentiment, elle m’accueillait.

On ne discute pas dans une dictature. Ce mot de passe, me voici contrainte de le donner encore et encore, des dizaines de fois par jour. Et ce que j’accomplissais simplement d’un clic :  sauvegarder ce que je venais de composer, voilà qu’il me faut maintenant aller le chercher dans une liste. Quand je verse le contenu d’une bouteille dans une carafe, c’est le même vin que je retrouve, sa couleur, son bouquet… Comparer l’informatique au vin est un sacrilège. Ce que je trouve sur mon écran est différent de ce que je trouvais hier : c’est ça la technique. Quant à mon dossier « pièces jointes » il est perdu à jamais.

« Il faut vous adapter ! » Pardon ? Ce ne sont pas les machines qui doivent s’adapter à nous pour rendre notre vie plus douce ? C’est moi qui doit me fatiguer pour compenser le manque d’empathie d’un concepteur psycho-rigide ?

Tout à coup la vision de notre humanité esclave de ses inventions, sans doute remarquables mais qui ne sont rien à côté de la complexité d’une fourmi, cette vision me donne envie d’aller m’asseoir sous mon platane.

Colette Pince

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A propos prendreconscience

Objet de l'association : Faciliter, aux hommes et femmes qui le souhaitent, l'approche de conceptions et leçons de vie essentiellement issues des grandes traditions spirituelles, ceci afin de leur permettre un choix véritable dans leur recherche d'harmonie, qu'il s'agisse de leur existence propre ou de leur relation au monde.
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