La méditation

 Comment entrer en contact avec notre Moi supérieur.

On peut regretter que cette dénomination, tellement marquée par le mental, ait été choisie pour une pratique qui vise à stopper le brouhaha des pensées. La méditation ne s’explique pas, ne s’analyse pas : elle s’expérimente.

 L’idéal est d’apprendre dans un des nombreux centres bouddhiques[1] qui se trouvent désormais dans notre pays. La méditation y est enseignée dans le respect d’une longue tradition, par des maîtres de qualité. Néanmoins…

 

Voici les règles à observer[2] :

  •   Il convient de s’accorder une demi-heure et de disposer d’un coin tranquille.

 Les accessoires : petit coussin, bougie, bâton d’encens n’ont rien de magique. Il s’agit d’aide à la concentration avec la flamme, à l’apaisement grâce à l’encens…

  •  Les Orientaux s’assoient en lotus. La posture “en tailleur” est plus naturelle aux Occidentaux. La colonne vertébrale devient une antenne entre sol et Ciel, d’où l’intérêt du petit coussin qui aide à trouver l’appui nécessaire à un dos bien droit. Les mains reposent sur les cuisses, paumes vers le Ciel. Les bras sont souples. Tête bien droite mais sans raideur, le menton légèrement rentré, yeux mi-clos fixant la flamme de la bougie, posée sur le sol, à une distance d’environ 1 m50.
  • Plus encore que la posture, la respiration est importante. Elle est lente et profonde. Inspiration par le nez en emplissant d’air le ventre, puis le thorax. Expiration par la bouche en vidant d’abord le ventre. Le but est de calmer notre agitation.
  •  Première découverte : des pensées surviennent sans que nous les ayons invitées. Elles sont sautillantes, insistantes, persistantes. Elles nous gênent dans notre quête de paix. Plutôt que de les chasser, observons les… et découvrons ainsi le moyen de les dissoudre.
  •  Le tohu-bohu de notre mental n’est pas le seul obstacle que nous allons rencontrer. Il y aura les crampes, les démangeaisons, la somnolence. Perdons le réflexe egotique des résultats à tout prix. L’apprentissage de la méditation est aussi celui du lâcher prise. Il n’y a pas de bonne et de mauvaise méditation : il y a la pratique d’un être, déjà avancé dans sa vie, qui apprend ce que personne ne lui a jamais appris, afin de découvrir qui il est et de mieux vivre. Personne ne nous demande de réaliser des exploits. Si les difficultés l’emportent sur le calme, comme c’est souvent le cas pour les débutants, mieux vaut multiplier les séances de courte durée. Un jour, notre corps ne se rappelle plus à nous qu’au travers de ce souffle lent et le Moi supérieur devient perceptible. Nous le découvrons dans un éblouissement qui, même si nous ne faisons pas partie des privilégiés qui atteindront ce qu’on appelle l’illumination, changera notre vie.
  •  Une coutume tibétaine veut que l’on termine une séance de méditation – courte ou longue, lumineuse ou agitée – par la dédicace “Pour le bien de tous les êtres”. Adopter cette coutume ajoute encore au bonheur de la pratique.

 

 Ce qui peut entraver la méditation :

             Que nous puissions avoir accès à notre Moi supérieur ne fait pas l’affaire de notre ego. Aussi va-t-il saisir tous les prétextes pour nous détourner de notre but, nous distraire, empêcher que le silence se fasse en nous. Parmi ces prétextes :

Le froid. On ne se réchauffe pas en restant immobile. Prévoir un gilet si la température n’est pas très élevée. Il vaut mieux arrêter une méditation pour enfiler un pull, puis recommencer à zéro plutôt que de passer un temps précieux à regretter de ne l’avoir pas fait.

Le bruit. Un méditant confirmé pratique sans problème au milieu de la place de la Concorde ; c’est même à cette capacité de créer le calme intérieur au milieu du tohu-bohu que l’on reconnaît l’état méditatif. Mais l’ego du débutant va prendre prétexte du moindre bruit pour éviter de se concentrer. Aussi est-il conseillé de choisir un endroit calme pour les premières séances.

La lumière. Il est tentant de fermer les yeux pour s’abstraire. Les garder mi-clos est pourtant plus conforme à l’esprit de la méditation, car nous faisons partie de ce monde et n’avons pas de raison de nous en couper. Après quelques séances, on s’aperçoit que l’état méditatif s’accommode fort bien de ce que notre œil perçoit. Un débutant peut opter pour la pénombre le jour, un éclairage doux le soir…

Les fourmillements, les crampes. La posture en tailleur n’a pas été choisie pour torturer le débutant, mais pour aider à la communication avec notre Moi supérieur. Tous les méditants ont connu de furieuses envies de bouger lors des premières séances. S’il s’agit d’une crampe, il est ridicule d’insister. Mieux vaut interrompre la séance*, s’étirer, se dégourdir les jambes… et recommencer à zéro. De toute façon, plusieurs séances courtes sont préférables à une longue pour débuter.

Les pensées qui se bousculent. Le calme s’installe et, soudain : “Je n’ai pas mis les chaussettes d’Antoine dans le lave-linge !” ou “Demain, face au client, il faut que je parle du marché des jeunes.” Si ce n’est pas : “Est-ce que je n’ai pas laissé la casserole sur le feu ?” Sauf risque d’incendie, inutile d’interrompre la séance. Nous sommes envahis par un tel tourbillon de pensées, du matin au soir, que nous n’allons pas perdre l’habitude si vite. Que des pensées viennent nous importuner, nous détourner de notre but, empêcher toute concentration, voilà qui n’a rien que de très normal. Les chasser ne sert à rien. C’est prendre du recul, les observer qui est efficace : sous notre regard elles disparaissent.

La somnolence. A l’opposé de la surexcitation des pensées on trouve l’endormissement. La solution est de se secouer, de bouger si la lutte contre le sommeil l’exige. Chaque apprenti méditant connait plutôt l’un ou plutôt l’autre état selon son tempérament. Mais un jour vient où la paix intérieure s’accompagne d’acuité, où le juste milieu est atteint.

* A noter qu’il existe une méditation marchée à laquelle on peut s’initier avec un maître zen.

 

[1] Des informations sur les centres bouddhiques peuvent être demandées à “Voix bouddhistes” BP Étoile 75770 Paris cedex 16.

[2]A lire : “La méditation : conseils aux débutants” de Bokar Rimpotché. Claire Lumière.

“Zen. La méditation pour les nuls” de Stephan Bodian. First édition.

« La méditation pour les enfants » de Bernard Baudoin. Éditions Grancher.

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